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HISTOIRE DE SIX-FOURS
Quelques vestiges retrouvés dans une
grotte du Cap Sicié en 1955, témoignent
d’une occupation humaine 40.000 ans avant
Jésus-Christ.
Selon l’opinion la plus
communément admise, le nom de Six-Fours signifierait “Six Positions ou postes
fortifiés”, en latin “Sex Fur, Sex Furni”.
Les peuples de Phocée, originaires
d’Asie Mineure, colonisèrent les principaux points
de la Méditerranée. Vers 600 avant J.C., venus de
Massilia, ils débarquèrent à Tauroentum (Le Brusc) et s’y établirent à l’abri des îles Embers (Embiez). Bientôt inquiétés par les
barbares des alentours, ils durent se fortifier sur la
principale éminence de la contrée et
établir un système défensif basé
sur un ensemble de six postes fortifiés.
Ces six postes assurèrent aux
Phocéens, puis aux Romains, la domination
complète d’un comptoir de 5350 hectares, y compris
le massif du Cap Sicié, les îles de
Saint-Mandrier et des Embiez. Ils
purent alors se livrer au commerce sur mer comme à la
culture des terres sans redouter les incursions des peuplades
voisines retranchées dans les montagnes d’Evenos ou tapies au
fond de la rade de Saint-Nazaire (Sanary).
Des unités agricoles (mansus) furent
mises en place, défendues par des bastides (braceria)
qui ont donné leur nom à de nombreux quartiers
actuels. La victoire de Malogineste, remportée sur les
Sarrasins par les Six-Fournais en l’an 950, permit de
trouver une excellente main d’oeuvre à bon
marché.
La Communauté de Six-Fours, connue
à partir du haut moyen-âge sous le nom de Six Fors, était
séparée au nord de la Communauté
d’0llioules (Oloes/Huile) par
une ligne Est-Ouest partant de l’extrémité
de la rade de Toulon (Telo Martius) à Lagoubran, et
aboutissant à la rivière la Reppe qu’elle
longeait jusqu’à son embouchure près du
petit hameau de Pêcheurs de Saint-Nazaire, longtemps
occupé par les Sarrasins. La communauté
appartenait alors aux Abbés
de Saint-Victor de Marseille.
Le village, au sommet de la colline,
était ceint de deux puis trois solides remparts à
l’abri desquels se réfugiaient les populations
avoisinantes lors des multiples invasions des barbares venant
du Nord, ou des Sarrasins venant de
la mer. Jamais cette redoutable
citadelle, protégée par la nature et la valeur de
ses habitants, ne fut prise d’assaut.
A partir de 1486, date du rattachement de la Provence à la
France, laissant principalement à leurs femmes et leurs
enfants le soin des cultures, les Six-Fournais eurent une
vocation maritime et s’orientèrent vers les
travaux de construction navale à La Seyne, qui se
sépara de la métropole de Six-Fours en 1657. La
communauté comptait alors 4.800
habitants pour 12.000 à Toulon.
Au XVIllème siècle, les habitants descendirent petit-à-petit
dans la plaine et l’on peut dire que le village
s’établit définitivement où
l’on pêchait “rana” (la rainette)
à Raynier ou Reynier, à partir de 1800.
C’était peu après les bouleversements
apportés par la Révolution au cours desquels le
capitaine Bonaparte fut blessé sur le terroir de
Six-Fours en conduisant l’assaut victorieux de la
forteresse couronnant la presqu’île de Balaguier.
En 1859, le chemin de fer arriva à
Toulon.
En 1875,
la construction d’un fort militaire important donna le coup de
grâce au vieux village. Seule la Collégiale Saint-Pierre
est épargnée avec la partie dite “La Bourgade”
sur la pente Est fortifiée de 1578 à 1633 (Porte
d’Ollioules). Mais disparaîtront à jamais l’église
Sainte-Marie de Cortine et la partie la plus élevée de
la ville, avec son château, appelée “ Cortina”
du latin cortina, trépied sur lequel on rendait les oracles des
dieux.
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