2018 vu par Jean-Sébastien Vialatte

2018 vu par Jean-Sébastien Vialatte

Interview de Monsieur le Maire Jean-Sébastien Vialatte

« La ville où il fait bon vivre », c’est ainsi que vous définissez Six-Fours. Quels sont ses atouts selon vous ?
Nous bénéficions d’un très beau cadre de vie : un littoral étendu, de grands espaces naturels, une situation géographique idéale avec la proximité de Toulon et de Aix-Marseille où l’on trouve des services médicaux et des universités de pointe. A cela s’ajoute la tranquillité : Six-Fours est une ville sûre où l’on peut par exemple laisser ses enfants aller au cinéma tout seuls. Notre ville offre aussi quantité de services sur le plan sportif, culturel et social avec une grande diversité d’actions
menées par de nombreuses associations qui permettent à un nouvel arrivant de s’intégrer facilement dans
la vie de la commune. Je salue le travail accompli par ces centaines de bénévoles qui se dévouent avec passion et participent pleinement au « bien vivre ensemble ». Une grande partie de l’action publique ne saurait exister sans ces hommes et ces femmes exceptionnels.

Avec l’entrée de Six-Fours dans la Métropole le 1er janvier, pensez-vous pouvoir conserver tout ces atouts ?
L’entrée de la ville dans la communauté d’agglomération TPM n’a pas modifié la personnalité de la ville…je me battrai pour que cela continue. Oui, mais aujourd’hui de nombreuses compétences vont partir à la Métropole. Tout va dépendre du mode de gouvernance qui sera adopté par la Métropole. Je n’ai pas trop d’inquiétudes tant que les décisions seront prises au bureau communautaire par l’ensemble des Maires. Nous resterons très vigilants pour que notre identité soit respectée.

Auriez-vous pu refuser l’entrée dans la Métropole ?
Non pas du tout, c’est la loi.* Autant faire en sorte que ça se passe bien. Il n’empêche qu’étant un homme parfaitement libre, quand les choses ne conviennent pas je le dis.

Vous garderez donc votre liberté de parole et d’action?
J’essaierai d’infléchir les décisions qui seraient prises et ne nous conviendraient pas. L’année 2018
sera une année de transition, la Métropole ayant confié à la ville par le biais de conventions la gestion des compétences qu’elle vient d’acquérir. Nous continuerons donc cette année à gérer ces compétences.

Quelles seront vos priorités ?
Je ne demande qu’à être convaincu par la Métropole, mais je serai très attentif à l’identité de notre ville et à la qualité des services publics. Il n’est pas question que le passage en Métropole entraîne une baisse de la qualité des services rendus au public. Il n’est pas question non plus de transiger sur le prix de ces services. L’un des premiers points de friction s’est porté sur la compétence des ordures ménagères où l’on nous a annoncé qu’on allait harmoniser la taxe entre les différentes communes. J’ai constaté qu’elle était beaucoup moins élevée à Six-Fours que la moyenne ! J’ai donc refusé de la voir augmenter pour un service équivalent et nous avons réussi à la “geler” pour 2018.

Voyez-vous quand même des bénéfices pour la ville à intégrer la Métropole?
Il faut bien sûr regarder la globalité des services qui sont rendus, à condition que les communes soient traitées avec équité, ce qui n’a pas été le cas pour celles de l’ouest Toulonnais avec TPM. Mais si je prends le transport en commun par exemple, je peux dire qu’il y a une nette amélioration, avant nous n’en avions pratiquement pas et aujourd’hui les bus sont très cadencés…
c’est un service important qui a été rendu aux Six-Fournais par TPM. Il y a eu beaucoup de chantiers.

Cela a-t-il un lien avec la Métropole ?
Nous avons lancé un certain nombre de chantiers fin 2017 pour être certains qu’ils seraient réalisés en 2018-2019, ainsi le parking Bouillibaye initié par la commune, mais qui sera fait et financé par la Métropole. Il faut savoir que désormais nous aurons un échelon de décision supplémentaire, et donc des délais supplémentaires dans toutes nos démarches. La ville fera des propositions et présentera des projets, mais in fine c’est la Métropole qui décidera, il faudra alors nous assurer que les projets qui seront choisis sont ceux que la ville aura priorisés.

Englober l’agglomération Sud Sainte Baume à Toulon aurait été judicieux ?
La Métropole de Toulon est trop petite pour faire face à celle d’Aix-Marseille ou de Nice, elle devrait englober au minimum Sud Sainte Baume* car aujourd’hui le développement économique se fait sur le plateau de Signes. Ici, nos zones d’activité sont trop petites pour accueillir certaines entreprises. Nous aurions aussi pu choisir de nous lancer dans des fusions de communes, fusionner Six-Fours et Sanary par exemple. Cela ne m’aurait pas choqué car les populations sont homogènes. Nous aurions créé une vraie mutualisation sans créer un échelon de décision supplémentaire.

Concrètement, quelles compétences allez vous garder en tant que Maire ?
Nous garderons les écoles, la culture, le sport, la police, les parkings de rue. La particularité de Six-Fours est que nous avions beaucoup de compétences en régie : l’eau, l’assainissement et les parkings. J’espère qu’elles le resteront et qu’elles ne seront pas concédées à des entreprises privées. C’est l’une des demandes que j’ai faite.

Quelles compétences allez vous perdre ?
Le PLU, l’aménagement et l’entretien de la voirie, des parcs et aires de stationnement, l’assainissement pluvial, et la politique du logement notamment.

Justement, concernant le logement social, quelle est votre position ?
Nous avons essayé de répondre aux exigences de l’État, qui est perpétuellement insatisfait, il nous demande environ 800 logements sociaux sur les 3 ans à venir ! Ces objectifs sont inatteignables et quand bien même ils le seraient, je ne le ferai pas car je ne veux pas dénaturer la ville !

Sécurité, immigration, emploi sont les premières préoccupations des Français, que pouvez-vous dire aux Six-Fournais à ce sujet ?
Du côté de la sécurité nous pouvons dire que notre ville est paisible, nous avons créé une police municipale présente 24h/24h et nous travaillons en bonne coopération avec la police nationale. Sur l’immigration je n’ai aucun moyen d’action . Sur l’emploi c’est une compétence de la Métropole, nous pouvons tout au plus créer des conditions favorables à l’implantation des entreprises sur notre territoire.

Des regrets ?
Avoir laissé faire l’opération immobilière à l’angle du chemin de Jaumard et de l’avenue Laennec. C’est une belle opération pourtant, mais c’est un mauvais signal qui pourrait laisser entendre que nous allons grignoter les zones pavillonnaires de Jaumard et la Malogineste, or il n’en est pas du tout question. Nous n’irons pas plus loin ! J’aurais aussi préféré voir autrement construits certains bâtiments publics (Le Verger, le cinéma). Mais nous sommes obligés de lancer un concours d’architectes avec un jury dans lequel la ville n’est pas seule. Une fois le projet sélectionné par l’ensemble des membres du jury nous ne pouvons plus y toucher.

Votre plus belle réussite au cours de votre exercice 2017 ?
Tout ce qui concerne nos actions culturelles et en particulier nos projets patrimoniaux concernant la réfection de la Collégiale et l’extension des jardins du Cygne, deux lieux remarquables qui permettent d’asseoir une politique culturelle de qualité. La culture fait partie de l’identité d’une ville
mais elle est aussi un facteur de cohésion sociale… je pense au concert Barock N’Roll au parc Méditerranée, aux concerts de la Collégiale, au festival Pointu, au cinéma…

La 4ème salle de cinéma se fera cette année ?
Nous allons déposer le permis de construire et elle devrait être terminée fin 2019. Une salle plus confortable avec une technique son et projection de grande qualité

Des inquiétudes ?
Les maires ont un vrai sujet d’inquiétude pour les années à venir : entre les transferts des compétences à la Métropole et le retour à peine déguisé de la tutelle de l’Etat en matière de logement social et de dotations, nos marges de manoeuvre deviennent de plus en plus étroites…

Votre plus grand souhait ?
Préserver la qualité de vie et l’identité de Six-Fours pour 2018 et les années à venir !

*Loi sur le Statut de Paris et l’Aménagement Métropolitain du 28 février 2017
** Bandol, Le Beausset, le Castellet, La Cadière d’Azur, Evenos, Riboux, Saint-Cyr, Sanary, Signes

>> Les projets 2018

  • Le parking de BOUILLIBAYE et ses abords
    Aménagement d’un parking imperméabilisé doté d’un réseau
    pluvial, restructuration du stationnement, création d’une aire de jeux pour enfants et d’un mail paysager.
  • Le port Méditerranée
    Aménagement de la partie Sud de la plage de Bonnegrâce et extension du port Méditerranée
    Assainissement / Recalibrage du ruisseau Augias sur le tronçon compris entre la RD 63 (avenue Kennedy) et la RD 559 (avenue de la Mer) ce qui permettra de supprimer les dégâts occasionnés sur les berges lors de forts épisodes pluvieux et d’assurer la sécurité des biens et des personnes riveraines ainsi que celle des utilisateurs de la voie de circulation existante. Dans un même temps, la voie de liaison entre ces deux axes sera réalisée sur l’emprise qui appartient déjà à la commune.
  • Préservation du patrimoine
    Cheminement piétonnier depuis le jardin de la Maison du
    Cygne vers le port de la Coudoulière qui mettra en valeur les
    vestiges industriels de la tuilerie Romain BOYER.
  • Rue des Pêcheurs
    Cette opération permettra de restructurer les réseaux, de reprendre l’éclairage public, de refaire la chaussée et de réaliser un aménagement paysager. La place Cader sera également réaménagée afin de mettre en valeur le centre du quartier du Brusc.
  • Jeunesse
    – Dotation dans chaque classe des écoles élémentaires de la
    commune d’un PC portable et d’un vidéoprojecteur
    – Retour à la semaine scolaire de 4 jours dès la rentrée
    2018/2019 en repositionnant l’école le vendredi après-midi et
    en libérant le mercredi des enseignements, dans les écoles élémentaires
    et maternelles.

     >> Et avec le Département

    L’aménagement sur l’avenue de la Mer
    Création d’une zone de promenade, d’un espace cyclable, de trottoirs latéraux ainsi que des places de stationnement dans les zones proches des commerces existants.

    La réalisation du pont sur la Reppe.
    Prolongement de la traverse de la Reppe jusqu’au carrefour giratoire Bad Sackingen situé sur la commune de Sanary avec la
    construction d’un pont route puis, l’aménagement de la voirie et des réseaux divers avec un espace partagé piétons-cyclistes.